Les auditions des enfants du couple et frères et sœurs d’Inass se feront à huit clos
“Cette tombe anonyme était une hantise pour les habitants de Suèvres”
Pour les habitants de Suèvres, cette affaire a été un traumatisme, pour Rémy M., “cette tombe anonyme était une hantise”.
“Quand j’ai appris que l’affaire avait été résolue, je n’ai pas pensé à l’interpellation de suspects, j’ai été soulagé que l’on puisse mettre un nom sur cette tombe”.
Une vision “abominable”, une photo qui “reste”
“J’ai participé à beaucoup d’enquêtes judiciaires, mais la seule photo qui est restée, c’est celle de cette petite”, assure le directeur d’enquête Rémy M. qui revient sur la vision et la découverte du corps. “C’était abominable”.
Rémy M., gendarme à la retraite, est le prochain témoin, “le mot horrible n’est pas suffisant”
“Le corps de la fillette était mutilé”, assure celui qui était le directeur d’enquête, “le mot horrible n’est pas suffisant pour décrire ce que j’ai à l’autopise”. Il revient d’abord sur la découverte du corps. “Pour moi, les auteurs étaient des membres de la famille”, suggère-t-il. “Surtout qu’il n’y a eu aucun signalement de disparition”.
“Pour le portrait-robot de l’appel à témoins, on a fait retoucher la photo, parce qu’elle n’était montrable au grand public”, détaille Rémy M. sur les premiers pas de l’enquête de flagrance. Les enquêteurs ont multiplié les recherches notamment dans les écoles, afin de savoir si une enfant manquait à l’appel.
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“Tout ce qui a été fait sur le terrain n’a mené absolument à rien”.
“Est-ce que vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas répondre aux questions ?”
L’avocat général s’interroge et le partage à Ahmed T. : “Est-ce que nous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas répondre aux questions ?” L’homme répond aux questions, mais devient muet lorsque les discussions concernent sa fille, Inass.
L’accusé évoque des trous de mémoire. “Des fois, je me souviens et des fois, je ne me souviens pas”. “Du jour au lendemain, j’oublie ce que j’ai mangé”. La présidente lui oppose qu’il s’agit là de mémoire directe. La discussion ne mène à rien… Une pause est annoncée.
“Mon client ne comprend pas vos questions !”
Me Frank Berton s’emporte contre la présidente et lui reproche de poser des questions que le père d’Inass ne comprend pas. “Il comprend très bien et il répond”, rétorque la présidente qui fait taire l’avocat de la défense.
“Où pensez-vous que votre fille est passée ?” Silence côté Ahmed T. qui comprend les questions mas ne répond pas. Me Berton s’emporte à nouveau : “Vous lui posez des questions sur les faits !” La présidente le renvoie dans ses 22 et assure “qu’elle ne s’empêchera pas de poser des questions”. Le ton monte…
Ahmed T. est interrogé sur des points précis. “Où était Inass le 11 août 1987 ?”, “Saviez-vous qu’Inass était morte lors de votre arrestation ?”… L’homme ne répond pas et assure qu’il ne comprend pas, “qu’il ne sait pas”.
“Vous ne vous moquez pas de nous ?”, l’avocat général s’indigne des hésitations d’Halima E. sur le fait qu’Inass était bien sa fille
Après l’intervention de l’experte, la mère d’Inass est invitée à revenir à la barre par la présidente qui souhaite lui faire confirmer qu’elle a bien “compris” qu’elle était la mère d’Inass. “Je l’ai compris quand je suis passée devant le juge”.
“Avant cela, je pensais qu’elle était toujours vivante”, dit-elle alors que l’avocat général trouve ses hésitations suspectes. “Vous ne vous moquez pas de nous ? C’était la chair de votre cher !” Halima E. répète qu’elle pensait que sa fille était vivante jusqu’en 2018.
Des traces de sperme d’Ahmed T. ont été découvertes sur la couverture dans laquelle était enveloppée Inass
“Pas d’ADN identifié sur les marques de morsures trouvées sur le corps d’Inass”
“La probabilité de parenté est probable à plus de 99,99 %”
Plusieurs ADN ont été découverts sur la couverture dans laquelle a été retrouvée Inass. L’un d’entre eux appartenait à l’un des frères de la victime. Ce qui a été confirmé en 2017 lors d’un “match” rendu possible par l’intégration de l’ADN de ce frère au FNAEG, après des faits qui n’avaient rien à voir avec l’affaire en question. “La probabilité de parenté est probable à plus de 99,99 %”.
“Les enquêteurs ont reconstitué l’arbre généalogique”, et sont donc remontés jusqu’aux parents de la petite inconnue de l’A10. Les profils génétiques d’Ahmed T. et Halima E. correspondaient à des “ADN parents” de ceux d’Inass et de son frère.
Halima E. s’est courbée sur son banc. Pliée en deux, elle a les coudes posés sur ses genoux.
Au tour de l’experte ADN de prendre la parole
L’experte commence son propos par expliquer les techniques d’extraction de l’ADN sur les éléments qui sont mis à la disposition des spécialistes.
“Lorsqu’on a un ADN inconnu, comme c’était le cas pour Inass, on l’envoie au FNAEG (fichier qui permet de comparer)”, explique-t-elle. “Un dossier évolue au gré des avancées en matière d’analyse ADN”.
Ahmed T. semble avoir du mal à garder les yeux ouverts, la présidente annonce une pause, pour qu’il se “repose”
“J’écoute, mais je suis fatigué”, répond Ahmed T. à la présidente qui s’interroge du fait qu’il s’assoupisse en pleine audience.
“Il est nécessaire que nous soyons certains que vous êtes en capacité d’écouter. Si jamais il y a des difficultés, il faut que vous nous le disiez”, lance la magistrate avant d’annoncer une pause.
L’expert est-il vraiment un expert ?
L’avocat d’Halima E., Me Radot, prend la parole et confesse que cet exposé est “compliqué” et “technique” pour quelqu’un qui n’est pas expert. Le compte-rendu est, en effet, très détaillé et précis.
“Sur quelle base avez-vous travaillé ?”, demande l’avocat. “Sur les radios, il vaut mieux les voir avant de donner une expertise”, ironise le médecin. L’avocat tient à faire notifier que cet expert s’est seulement cantonné à l’analyse des fractures. “Il ne s’agit pas là du médecin légiste”, confirme la présidente.
Me Frank Berton, avocat d’Ahmed T., s’interroge sur la qualité d’expert de l’homme qui vient de parler. “Cet homme a-t-il prêté serment ?”, demande-t-il avant de s’emporter contre la présidente, “arrêtez de m’interrompre, s’il vous plaît”. Celle-ci confirme que Philippe A. est bien requis en qualité d’expert. Me Berton glose sur le fait que le docteur n’ait pas prêté le bon serment. La présidente balaie ces remarques jugées inutiles : le médecin a bien le statut d’expert.
“Des lésions que l’on retrouve souvent chez les enfants battus”
Philippe A. assure que son expertise “ne permet pas de confirmer une maltraitance, mais l’ensemble de lésions détecté est quelque chose que l’on retrouve souvent chez les enfants battus”.
“Ces lésions sont souvent détectées sur les enfants battus”
“Au niveau de la sixième côte droite, une fracture récente a été identifiée”, dit l’expert, “elle devait dater de 2 ou 3 semaines”.
Un arrachement détecté au niveau du radius gauche ne pouvait pas avoir une cause accidentelle, selon le médecin. Au niveau du coude gauche, une calcification liée à un hématome. La calcification signifie notamment que la lésion n’a pas été prise en charge. Une fracture accidentelle soignée tardivement ne correspond aux lésions découvertes sur le corps d’Inass. “Elles sont très probablement non accidentelles”, assure Philippe A.
Une lésion découverte a semblé significative selon l’expert. “Au niveau de l’humérus droit, un raccourcissement de l’os a montré une fracture qui n’était pas nette et accompagnée d’une forte calcification”. “Ce type de fracture est lié à une torsion et est extrêmement douloureux, d’autant plus lorsqu’il n’est pas stabilisé : chaque mouvement entraîne une forte douleur”.
L’audience reprend avec l’audition de l’expert en radiologie qui a examiné le squelette d’Inass
Philippe A. a procédé à une expertise radiologique du corps de la petite Inass. De multiples fractures avaient été identifiées à plusieurs endroits du squelette de l’enfant. Le fait qu’elles se soient “ressoudées” seules, sans intervention médicale, laissait supposer des maltraitances. “Il faut faire réduire la fracture pour que l’os soit consolidé”, détaille le spécialiste dans un début d’exposé didactique.
Les radiographies sont projetées et Philippe A. les commente. “Le but de cet examen était de retrouver la cause du décès de la petite”, explique-t-il. Les radios ont permis de mettre en lumière une luxation entre le crâne et la colonne cervicale. “De telles lésions peuvent entraîner de graves soucis”. Cependant, la cause du décès n’a pas pu être déterminée avec la radiologie.
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L’audience est suspendue jusqu’à 14h30
“Ma situation actuelle est très, très dure”, Halima E. craque
Invitée à parler de sa situation actuelle, Halima E., assise, craque et fond en larmes à la barre. Après avoir quitté le domicile de son fils avec qui elle vivait, et son logement étant insalubre, elle a dû faire appel au 115 pour un hébergement d’urgence, en septembre dernier. “Ma situation est très très dure”, souffle-t-elle, avant d’ôter ses lunettes et de pleurer. Son avocat, Me Radot, vient à son soutien.
La présidente compatit tout en affirmant qu’elle devrait répondre aux questions, même les plus difficiles. “Cela ne se contrôle pas”, lance Me Camille Radot.
Comme depuis le début de la journée, les deux accusés restent assis, la tête baissée vers le sol. Derrière eux, quelques dizaines de personnes sont présentes sur les bancs du public.
Le personnel pénitentiaire a décrit l’accusée comme “manipulatrice”, Halima E. nie
Le personnel pénitentiaire a décrit Halima E. comme “manipulatrice”. Elle “simulerait” et elle aurait accusé des agents de violences à son encontre. Selon des rapports, elle aurait insulté des codétenues. “Non, c’est elles qui m’ont insultée à cause de l’affaire en criant à leur fenêtre”, assure l’accusée. Aucune procédure disciplinaire n’a été engagée.
Mise en difficulté par ce portrait dressé, la mère d’Inass Touloub, répond et comprend toutes les questions. Son avocat, Me Radot, intervient pour rappeler l’absence de procédure. “J’ai bien utilisé le conditionnel Me”, rétorque la présidente.
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Un de ses fils a vu son autorisation de visite annulé, pour des insultes proférées à l’encontre du personnel pénitentiaire selon la présidente. “C’est parce qu’il avait gardé sa carte bleue dans sa poche en rentrant”, assure Halima E.
Au tour de la mère d’Inass, Halima E., de parler de sa détention provisoire
La mère d’Inass, Halima E., est resté 2 ans en détention provisoire. Elle témoigne, comme essoufflée, que cette période en prison s’est plutôt bien passée. “La plupart du temps j’étais seule en cellule”.
“Je lisais le Coran, et je le relisais”, explique la septuagénaire. “Je priais le vendredi”. “Je ne sortais pas de la cellule, seulement pour téléphoner à mes enfants”.
“Y a-t-il eu des soucis lors de cette détention ?” “Il y a eu un incident avec l’utilisation du téléphone, au moment de mon arrivée, car je n’avais pas fait de demande pour pouvoir appeler, mais je ne savais pas qu’il fallait une autorisation”. Un procès verbal a noté que Halima E. avait utilisé le téléphone portable détenu illégalement.
“Comprenez-vous l’enjeu de ce procès ?”
La présidente de la cour pose une question claire à Ahmed T. : “Comprenez-vous l’enjeu de ce procès ?”. A question claire, réponse claire : “Non”, répond l’accusé qui ne semble plus comprendre le sens des questions qui lui sont posées. Dans des propos incompréhensibles, il assure avoir discuté de cela avec son avocat Me Berton, mais la présidente coupe en assurant que ces questions interviendront après l’expertise complémentaire notamment.
“Mon gendre m’héberge et s’occupe de moi”
“Quelle est votre vie depuis votre sortie de prison et votre placement sous contrôle judiciaire ?” “C’est mon gendre qui m’héberge et s’occupe de moi. C’est lui qui fait les courses et fait à manger (…) Je ne sors plus”. Cet homme est l’ex-mari de sa fille, celle-ci ne vit plus sur place.
Ahmed T., le père d’Inass, se confie sur sa détention provisoire, “c’était bien”
Ahmed T. se lève difficilement et se présente à la barre. Le septuagénaire revient sur sa détention provisoire de 2018. “C’était bien”, dit-il. “On était trois dans la cellule, juste, au début, il y avait un vieux monsieur méchant, mais ils l’ont changé de cellule”. L’accusé répond plutôt clairement à la présidente et ses souvenirs sont plutôt clairs. “Je n’allais pas en promenade”, continue-t-il avant de s’assoir, il ne semble plus pouvoir tenir sur ses jambes.
“Je suis tombé dans la cellule et j’ai perdu connaissance”, se rappelle-t-il. En prison, il était suivi par un médecin, notamment pour son diabète. “Je ne me souviens pas combien de temps je suis resté, peut-être un an”. La présidente confirme, l’homme est bien resté un an derrière les barreaux.
Intérogé sur ses autres enfants, Ahmed T. a du mal à en parler et énumérer les six prénoms. Au début de sa détention provisoire, seul deux d’entre eux lui rendaient visite en prison. “Je ne me rappelle pas”. Par la suite, ils étaient quatre à venir le voir. “Mes fils sont venus une fois”, finit-il par se souvenir. Deux de ses filles sont venus jusqu’à quatre fois, rappelle la présidente.
Un expert a été désigné pour l’examen neurologique complémentaire d’Ahmed T.
Ahmed T., le père d’Inass, rencontrera ce vendredi une neurologie nommée par la cour d’Appel d’Orléans. Me Berton avait demandé un examen complémentaire concernant la santé de son client. Ceci est lié à de potentiels soucis cognitifs perçus lors de la première expertise.
Me Frank Berton s’étonne du délai. Il souhaitait que l’expertise ait lieu plus tôt cette semaine. “Son interrogatoire sera repoussé à la semaine prochaine”, annonce la présidente.
“C’est la seule fois de ma carrière que j’ai pu constater de telles marques de morsures”, commente le gendarme
La présidente s’adresse de nouveau au gendarme. “Est-ce que vous aviez déjà été confronté à des violences de cet ordre-là?”. “Sur des adultes, oui. Sur un enfant, jamais. C’est le seul que j’ai vu dans cet état dans ma carrière”, confie-t-il.
“Et des victimes qui ont subi des morsures ?” “Non, jamais. C’est la seule fois de ma carrière que j’ai pu constater de telles marques de morsures”.
“Ce n’est pas possible, ce n’est pas ma fille…”
La présidente demande aux parents d’Inass de réagir aux photos du visage tuméfié de leur fille. Ahmed T. reste muet, sans bouger, et finit par dire que, “c’est compliqué de parler”.
Halima E., elle, lâche quelques mots inaudibles ; la présidente lui demande de répéter. “Ce n’est pas possible, ce n’est pas ma fille”, souffle-t-elle. Ses propos sont à peine perceptibles ; la magistrate demande de répéter puis l’avocat de la septuagénaire, Me Radot, intervient en commentant qu’il s’agit de la position qu’elle avait tenue face aux enquêteurs. Le silence qui suit est éloquent. “On peut enlever la photographie”, lance la présidente.
Des photos du corps d’Inass diffusées à la cour, les parents gardent la tête baissée
Ahmed T. et Halima E., accusés, sont au premier rang de la salle du tribunal de Blois. Ils comparaissent libres lors de leur procès. Les deux sont prostrés la tête baissée vers leurs pieds lors de la diffusion de photos du corps de leur fille lors de la découverte au bord de l’A10.
Le père pose sa tête sur sa canne. La mère, elle, est dans la même position. Les deux deux ne se lèvent pas. Ils ont déjà vu les photos lors de leur arrestation et ne semble pas vouloir en dire plus.
Un des gendarmes de la section de recherches d’Orléans est à la barre, “c’était traumatisant”
Le chef des premiers enquêteurs arrivés sur les lieux est à la barre. “Nous avons été appelés à la suite de la découverte du corps et je me suis déplacé sur le bord de l’A10”, déroule-t-il, “nous avons très vite constaté la présence du corps ; j’ai le souvenir du visage très marqué et des marques sur le corps. C’était traumatisant, j’étais un jeune chef, c’est la première fois que je découvrais une enfant aussi martyrisée”.
Le gendarme retraité est le premier à aborder l’élément des marques de morsures découvertes sur le corps de la petite Inass : “Nous avons d’abord pensé à des morsures d’animal”. “Mes souvenirs sont très lointains”, avoue-t-il.
“Selon moi, le corps a été déposé”
Frédéric L. estime que le corps d’Inass a été “déposé” dans le fossé. Sa position dans ce creux “abrupt” lui laisse penser que la petite fille a été laissée là, comme posée.
“L’aspect du visage m’a fait comprendre qu’elle était morte, il était très tuméfié”. “Elle avait les yeux fermés et des plaies sèches sur le visage”.
“J’ai dit à mon collègue : “Viens vite, il y a un gros soucis”‘, continue-t-il en expliquant qu’il a été très choqué. Ce collègue avait été entendu à l’époque des faits, il confirme la version. C’est lui qui a prévenu les gendarmes en tant que supérieur. “Il s’agissait un enfant de 5 à 7 ans, on voyait bien sa tête et il y avait des mouches autour”.
“Je n’ai pas touché le corps, j’ai compris…”
Frédéric L. est enseignant était étudiant à l’époque des faits. Il est l’homme qui découvert le corps d’Inass. “J’ai vu une couverture bleue dans le contrebas d’un fossé abrupt”, explique-t-il, “le vent soulevait la couverture et cela m’a permis de voir le visage de la petite fille et j’ai prévenu mon collègue qui a prévenu les responsables par radio”.
“Je me suis approché et j’ai compris”, continue le témoin. “Je n’ai pas touché le corps et j’ai compris qu’elle était vraisemblablement morte”.
“On a rapidement constaté que le visage était tuméfié”.
L’audience reprend, le premier témoin Frédéric L. arrive à la barre
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Devant le tribunal de Blois pour cette 2eme journée de procès
C’est devant le tribunal de Blois, hier, que des membres du collectif Mouv’Enfants ont hué la mère d’Inass Touloub. “Justice pour Inass”, “la honte” étaient scandées à l’attention d’Halima El Bakhti. Les manifestants de ce mouvement, constitué d’anciennes victimes de violences, qui se décrit comme engagé pour les droits et la protection des enfants, avaient également collé des photos du visage tuméfié de la fillette sur des murs du palais de justice.

“Il nous faut la certitude qu’ils puissent se défendre”
La défense a par ailleurs demandé un complément d’expertise concernant l’état de santé de leurs clients : Ahmed Touloub ayant notamment évoqué des troubles de la mémoire, madame El Bakhti de fortes douleurs aux reins.
Cette requête a été accordée pour Ahmed Touloub et devrait s’effectuer “dans les prochains jours”. “Il nous faut la certitude qu’ils puissent se défendre”, a lancé son avocat Me Frank Berton, évoquant une possible “démence” de son client.
Elle a été refusée pour la mère, qui avait affirmé plus tôt : “je vais essayer de venir et assumer”.
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La mère d’Inass prise à partie par un collectif ce lundi
A la pause déjeuner, la mère a été prise à partie par cinq membres du collectif Mouv’Enfants, qui avait organisé une action devant le tribunal avant l’audience. Ils l’ont vivement prise à partie et menacée. Des faits qui ont entrainé l’ouverture d’une enquête.
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“J’ai rien fait. J’ai jamais touché à aucun de mes enfants”
Les parents d’Inass Touloub, fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l’autoroute A10, ont nié lundi toute responsabilité dans le décès de leur fille au premier jour de leur procès devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, 39 ans après les faits.
Jugée pour “torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort” sans intention de la donner et interrogée sur la reconnaissance des faits par la présidente, la mère, Halima El Bakhti, a répondu “non, c’est ma fille”. L’accusée, âgée de 72 ans et qui a tenté de dissimuler toute la journée son visage, a ajouté que son mari “et (s)es filles aussi” ont “beaucoup menti”, interrogée après la longue lecture du rappel des faits.
Ahmed Touloub, le père âgé de 74 ans jugé lui pour complicité, a pour sa part déclaré : “J’ai rien fait. J’ai jamais touché à aucun de mes enfants”, a-t-il ajouté. “Moi-même je suis battu, comment je suis complice ?”
Pendant leur garde à vue, les accusés, séparés de longue date, et qui ont eu au total sept enfants, dont Inass, n’avaient pas reconnu être les auteurs des violences ayant entraîné la mort de leur fille, s’accusant mutuellement de violences conjugales.







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